Présentation et historique [es]

Les relations franco-vénézuéliennes

Tous deux héritiers des Lumières, le Venezuela et la France entretiennent des relations intenses et fécondes depuis la participation de Francisco de Miranda à la bataille de Valmy, puis les voyages croisés d’Aimé Bonpland et de Simon Bolivar. Les visites de Chefs d’Etat français à Caracas - Charles de Gaulle en 1964 et François Mitterrand en 1989 - ont rythmé cette amitié entre les deux nations.
Les nombreuses visites du Président Chavez à Paris (1999, 2001, 2002, 2005, 2007 et 2008) témoignent du rapprochement franco-vénézuélien qui s’est traduit par l’institutionnalisation du dialogue bilatéral sous la forme d’une Commission franco-vénézuélienne de haut niveau, réunie en 2005 puis en 2008 à Paris. La troisième Commission s’est tenue à Caracas en novembre 2012.

Le 19 juin 2013, le Président Nicolas Maduro s’est rendu à Paris en visite officielle, au cours de laquelle a été prise la décision de lancer un « partenariat élargi ». Le 27 juillet 2016, le ministre des Affaires étrangères et du développement international, M. Ayrault, a reçu à Paris son homologue vénézuélienne, Mme Rodriguez. Le 12 septembre 2017, le Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Le Drian a reçu son homologue vénézuélien, M. Arreaza, pour lui témoigner de la préoccupation de la France quant à la dégradation de la situation au Venezuela et l’appeler à reprendre des négociations crédibles avec l’opposition pour dénouer la crise dans le pays.

La proximité du territoire vénézuélien et des départements français d’Amérique (Martinique, Guadeloupe et Guyane française) confère par ailleurs une dimension particulière au dialogue entre la France et le Venezuela. Nos deux pays partagent une frontière maritime commune, délimitée en 1998, et entretiennent des relations de bon voisinage, illustrées notamment par l’intervention de la défense civile française lors de la catastrophe naturelle qui avait affecté les côtés vénézuéliennes en décembre 1999.

Reposant sur des liens anciens, notamment dans les domaines culturel et artistique, de la pensée et de la recherche, la coopération française s’inscrit dans une dynamique d’influence. Les principaux axes de notre action, largement cofinancée, sont les suivants :

• une forte coopération en matière d’enseignement supérieur et de recherche : la signature le 7 juin 2018 de la convention de coopération universitaire et scientifique franco-vénézuélienne dit « Red Marcel Roche » (RMR) réunissant 5 universités vénézuéliennes et 6 universités et écoles françaises ; programmes scientifiques PCP/RU2I et ECOS-Nord ; programme de bourses de Master 2 et de Doctorat avec la Fondation Gran Mariscal de Ayacucho (FUNDAYACUCHO) sous tutelle du Ministère pour la Science, la Technologie et l’Innovation ; signature d’un accord de coopération scientifique entre l’IRD et l’IVIC en novembre 2012 ; centre de formation de Renault en mécatronique automobile inauguré en novembre 2012 ;
• la promotion de l’enseignement de la langue française (programme « Le français va aux lycées »), l’aide à l’édition d’ouvrages d’auteurs français et le soutien au Lycée français de Caracas (Colegio Francia), qui comporte deux sections d’enseignement : une section française et une section vénézuélienne ;
• une importante programmation culturelle, menée avec l’appui de mécènes et d’un réseau d’Alliances Françaises (8.300 élèves en 2017 ; implantation dans neuf villes : Caracas - quatre sites distincts -, Barinas, Barquisimeto, Maracaibo, Maracay, Mérida, Porlamar, Puerto La Cruz et Valencia). Cette action culturelle se développe autour de temps forts tels la Semaine de la France (Edition 2018 « Francia-Venezuela compartiendo cultura »), la Fête de la Francophonie, le Festival du Cinéma français et la Fête de la Musique. L’ambassade organise des événements autour de la haute-couture (concours de jeunes créateurs « Pasarela Moda »), de la musique (concours « Canta en Francés ») et de la gastronomie (« Goût de France » dont l’édition 2018 a mis à l’honneur les enfants et les mères des cantines populaires des quartiers défavorisés) ;
• la promotion du débat d’idées notamment lors d’un débat inédit entre un représentant du gouvernement et un membre de l’opposition, le 24 janvier 2018, organisé dans le cadre de « la Nuit des Idées ».

Les échanges économiques entre la France et le Venezuela sont surtout concentrés autour de grands contrats notamment dans les secteurs des hydrocarbures et du transport urbain. La crise économique que traverse le Venezuela a fortement impacté à la baisse nos échanges commerciaux bilatéraux dont le solde est devenu déficitaire pour la France en 2017. Après un pic à 777M€ en 2012, le commerce bilatéral franco-vénézuélien n’atteint plus que 130M€ en 2017, accusant une baisse de 68% par rapport à l’année 2016.

Selon la Banque de France, nos entreprises, Total en tête, ont investi en moyenne 460 M€ par an entre 2005 et 2008 mais depuis la crise internationale les mouvements de leurs avoirs vers le Venezuela ont été négatifs. Les investissements du Venezuela dans notre pays sont très limités. Une quarantaine d’entreprises françaises conservent une implantation au Venezuela (contre une centaine en 2008), sous forme de filiales, succursales ou bureaux de représentation opérant dans de nombreux domaines d’activité. Au côté des grands groupes dominants (Total, Alstom, Air France, L’Oréal, Sanofi-Aventis, Pernod-Ricard, Lactalis, etc.), on notera la présence de quelques PME et d’entrepreneurs indépendants.

Notre partenariat s’appuie sur un accord de promotion et de protection réciproques des investissements (API), entré en vigueur en avril 2004 et valable jusqu’en 2019, ainsi que sur des instruments de coopération sectoriels (énergie, transports, économie sociale et solidaire). Le Venezuela s’est toutefois retiré du CIRDI en janvier 2012, posant la question de la résolution des différends, notamment en cas de nationalisation.

Dernière modification : 16 octobre 2018

Dernière modification : 17/10/2018

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