Présentation de Savannah Bay et d’Agatha de Marguerite Duras [es]

Dans le cadre du centenaire de la naissance de Marguerite Duras, l’Ambassade de France a la plaisir de vous inviter à la présentation de deux nouveaux titres de cette auteure majeure du XXe siècle : Savannah Bay et Agatha à paraître chez Bid&Co. La publication de ces œuvres a fait l’objet d’une aide à la publication de l’Ambassade de France et de l’Institut français, établissement public en charge de la diffusion internationale de la culture française et de la promotion du dialogue culturel.

Les œuvres L’Eté 80, Le camion, L’homme Atlantique publiées chez Bid&Co sont également disponibles en rayon.

Présentation de Savannah Bay et Agatha, Bid&Co, œuvres traduites par Adalber Salas Hernandez.

Rendez-vous le jeudi 5 juin à la librairie El Buscón, El Paseo de las Mercedes, 18h30

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Savannah Bay

Nous sommes mus par des histoires que nul ne raconte. Certaines nous sont simplement inconnues, d’autres restent logées au fond de notre gorge, se refusant à être écoutées d’autrui.
Savannah Bay est l’une de ces histoires, une histoire que deux personnages connaissent mais qu’aucun d’eux ne narre autrement que par bribes. Une histoire qui les lie et les attache, qui les prend et les contraint à nouer une relation où filiation et érotisme, rôles se disloquent ou deviennent interchangeables. Une histoire submergée dans l’oubli, toujours floue, dont les traits sont perturbés par les ans et la douleur.
Mais Savannah Bay est plus encore : une réflexion sur le sens de l’action y est mise en scène, interrogeant sur la nature même du théâtre et sur ce qui relève de l’humain : que signifie raconter une histoire, quelle part de nous-même s’y investit ? Quelque chose est là qui nous accompagne chaque fois qu’une relation se noue avec l’autre, avec nous-même. Quelque chose qui nous appartient irrémédiablement.
ADALBER SALAS HERNANDEZ

Agatha

Toute oeuvre d’art a sa vie secrète. Souvent, celle-ci est inconnue de l’œuvre elle-même. Comme la personne qui l’a créée, l’œuvre n’est rendue possible que grâce aux hasards, aux lectures inattendues, aux évènements imprévisibles. Le cœur de la pièce Agatha de Marguerite Duras recèle de livres qui lui ont prêté leur voix comme L’homme sans qualité de Robert Musil Robert ; il révèle la compréhension de l’auteur sur la profondeur et la malléabilité du fait amoureux. Cette connaissance intime, difficile, est récurrente dans l’œuvre de Duras. Elle en est l’essence, circulant une fois et encore dans les chemins et espaces qui forment le désir, dessinant leurs contours, y écoutant le présage de la mer.
ADALBER SALAS HERNANDEZ


Biographie de Marguerite Duras (Donnadieu)

Marguerite Duras, de son vrai nom Marguerite Donnadieu, est née le 4 avril 1914 à Gia Dinh, une ville de la banlieue de Saïgon. Deux ans après la mort de son père, en 1923, sa mère s’installe avec ses trois enfants à Vinh Long, une ville située dans le delta du Mékong. Marguerite Duras passe toute son enfance au Viet-Nam. En 1932, elle quitte Saïgon et vient s’installer en France pour poursuivre ses études. Elle obtient en 1963 une licence en droit.

Cette même année elle rencontre Robert Antelme qu’elle épousera en 1939. De cette union naîtra en 1942 un premier enfant malheureusement mort-né. Cette période troublé dans la vie de Marguerite Donnadieu sera marquée également par la rencontre de son futur second mari, Dionys Mascolo.

En 1943, Marguerite Duras et Robert Antelme s’installent dans le quartier de St Germain des Prés. Robert Antelme et Dionys Mascolo se lient d’une profonde amitié et avec Marguerite Duras entrent dans la résistance. En parallèle, elle publie un premier ouvrage : Les Impudents (Editions Plon). L’année suivante elle passe chez Gallimard et fournit son deuxième ouvrage, La Vie tranquille. 1944 est l’année qui marque l’arrestation de son mari Robert, déporté à Dachau.

Marguerite s’inscrit alors au PCF, la Parti Communiste Français. A la libération Robert Antelme est libéré dans un état critique, il rejoint son épouse dans son domicile parisien. En 1947, Marguerite Duras divorce et se remarie avec Dionys Mascolo dont elle aura rapidement un enfant prénommé Jean.

En 1950, Marguerite Duras quitte le PCF, elle publie Un barrage contre le Pacifique, une œuvre majeure commencée trois ans plus tôt, puis en 1952 Le Marin de Gibraltar, et en 1955 Le Square. En 1957, elle rencontre Gérard Jarlot, avec qui elle va collaborer pour de nombreuses adaptations théâtrales ou cinématographiques. En parallèle, sa vie personnelle est soumise à deux évènements majeurs : elle se sépare de son second mari et sa mère décède.

Poursuivant son œuvre littéraire, Marguerite Duras publie en 1958 Moderato Cantabile alors que les salles de cinéma mettent pour la première fois à l’affiche une adaptation d’un de ses livres, Un barrage contre le Pacifique, de René Clément. Ses droits d’auteurs commencent à lui apporter une certaine aisance. Lancée dans le cinéma, elle signe les dialogues d’Hiroshima mon amour, d’Alain Resnais.

De 1960 à 1967, elle est membre du jury Médicis. Politiquement marquée à gauche malgré l’abandon de sa carte de membre du PCF, elle milite activement contre la guerre d’Algérie, dont la signature du Manifeste des 121, une pétition sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, est le fait le plus marquant.

En 1963, elle commence l’écriture du Vice-Consul, puis en 1964 elle publie Le Ravissement de Lol V. Stein, un nouveau roman, et l’année suivante sa première œuvre théâtrale, Théâtre (tome I, éditions Gallimard). Active dans les évènements de mai 1968, elle poursuit toutefois la diversification de ses activités théâtrales en créant la pièce L’Amante anglaise, mise en scène par Claude Régy.

En 1969, elle passe à la réalisation cinématographique avec Détruire, dit-elle. Puis en 1972, sa maison sert de décors à Nathalie Granger, son nouveau film, puis elle écrit tour à tour India Song et La Femme du Gange, qu’elle tourne au cinéma (Catherine Sellers, Gérard Depardieu, Dionys Mascolo)

En 1973, India Song est transformée en pièce de théâtre et parallèlement en film (sorti en salles en 1975). En 1977, c’est Le Camion qui sort au cinéma, un film marqué par l’apparition de Duras en tant qu’actrice (rôle succinct). Cette période prolifique pour elle se poursuit avec la réalisation en 1979 de quatre courts-métrages : Les Mains négatives, Césarée, Aurélia Steiner-Melbourne et Aurélia Steiner-Vancouver.

A partir du début des années 80, Marguerite Duras poursuit la multiplication de ses activités avec la réalisation de Dialogue de Rome puis suivront Savannah Bay, La Maladie de la mort et, en 1984, L’Amant, un roman largement autobiographique reprenant la trame de son enfance. En 1985, elle met en scène La Musica deuxième au théâtre Renaud-Barrault, puis elle publie Yann Andréa Steiner (1992, éditions POL), Ecrire (1993, Gallimard) et C’est tout (1995, éditions POL)

Marguerite Duras s’est éteinte le 3 mars 1996 à son domicile parisien de St Germain des Prés.

Dernière modification : 26/05/2014

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