Le 17 mars - Présentation du livre de Marguerite Duras [es]

L’Ambassade de France à Caracas a la plaisir de vous inviter à la présentation du livre Le camion de Marguerite Duras publié chez Bid&Co. La publication de cette œuvre a fait l’objet d’une aide à la traduction et à la publication de l’Ambassade de France à Caracas et de l’Institut français, établissement public en charge de la diffusion internationale de la culture française et de la promotion du dialogue culturel.

Rendez-vous le samedi 17 mars à la librairie Kalathos, Los galpones, Los Chorros, 11:30

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Le lecteur découvrira dans cet ouvrage deux textes réunis dès leur première publication en 1977 : le scénario du film Le camion écrit et dirigé par Marguerite Duras suivi d’un entretien de Michelle Laporte avec l’auteure. Le scénario est une œuvre surprenante et à la fois emblématique de l’univers durassien, une aventure filmique sans acteur et pour ainsi dire sans paysage. Un film sans visages ni lieux. Autrement dit, un film dépourvu des accessoires habituels de la représentation cinématographique. Cependant, cette aventure conte de façon magistrale la seule histoire digne de l’être : l’impossibilité de narrer sans devenir soi-même protagoniste. L’entretien, avec trente années de recul, peut être qualifié de classique. Il apporte non seulement un éclairage sur la centralité du Camion dans les livres et films de Duras mais aussi une clarification sur les méandres, tours et contours, courbes et lignes droites d’une auteure dotée de ce don difficile à porter : l’honnêteté. Les passages dans lesquels Marguerite Duras - elle a été militante au Parti Communiste Français - explique son rejet du communisme, sans pour autant renier sa foi dans la liberté des êtres humains, sont particulièrement significatifs. Le camion n’est pas un livre, c’est une création. Pour l’auteure, ce mot est toujours chargé de malentendus : toute construction fictionnelle, plus ou moins achevée ou close, offerte au public, est une invitation, toujours ouverte, toujours fragile, toujours exposée aux malentendus, à la plus inconcevable utopie : que le lecteur, le spectateur s’en empare, femme et création, la fasse œuvre. La fasse sienne. Celle de tous.

Ana Nuño

Biographie de Marguerite Duras (Donnadieu)

Marguerite Duras, de son vrai nom Marguerite Donnadieu, est née le 4 avril 1914 à Gia Dinh, une ville de la banlieue de Saïgon. Deux ans après la mort de son père, en 1923, sa mère s’installe avec ses trois enfants à Vinh Long, une ville située dans le delta du Mékong.
Marguerite Duras passe toute son enfance au Viet-Nam. En 1932, elle quitte Saïgon et vient s’installer en France pour poursuivre ses études. Elle obtient en 1963 une licence en droit.

Cette même année elle rencontre Robert Antelme qu’elle épousera en 1939. De cette union naîtra en 1942 un premier enfant malheureusement mort-né. Cette période troublé dans la vie de Marguerite Donnadieu sera marquée également par la rencontre de son futur second mari, Dionys Mascolo.

En 1943, Marguerite Duras et Robert Antelme s’installent dans le quartier de St Germain des Prés. Robert Antelme et Dionys Mascolo se lient d’une profonde amitié et avec Marguerite Duras entrent dans la résistance. En parallèle, elle publie un premier ouvrage : Les Impudents (Editions Plon). L’année suivante elle passe chez Gallimard et fournit son deuxième ouvrage, La Vie tranquille. 1944 est l’année qui marque l’arrestation de son mari Robert, déporté à Dachau.

Marguerite s’inscrit alors au PCF, la Parti Communiste Français. A la libération Robert Antelme est libéré dans un état critique, il rejoint son épouse dans son domicile parisien. En 1947, Marguerite Duras divorce et se remarie avec Dionys Mascolo dont elle aura rapidement un enfant prénommé Jean.

En 1950, Marguerite Duras quitte le PCF, elle publie Un barrage contre le Pacifique, une œuvre majeure commencée trois ans plus tôt, puis en 1952 Le Marin de Gibraltar, et en 1955 Le Square. En 1957, elle rencontre Gérard Jarlot, avec qui elle va collaborer pour de nombreuses adaptations théâtrales ou cinématographiques. En parallèle, sa vie personnelle est soumise à deux évènements majeurs : elle se sépare de son second mari et sa mère décède.

Poursuivant son œuvre littéraire, Marguerite Duras publie en 1958 Moderato Cantabile alors que les salles de cinéma mette pour la première fois à l’affiche une adaptation d’un de ses livres, Un barrage contre le Pacifique, de René Clément. Ses droits d’auteurs commencent à lui apporter une certaine aisance. Lancé dans le cinéma, elle signe les dialogues d’Hiroshima mon amour, d’Alain Resnais.

De 1960 à 1967, elle est membre du jury Médicis. Politiquement marqué à gauche malgré l’abandon de sa carte de membre du PCF, elle milite activement contre la guerre d’Algérie, dont la signature du Manifeste des 121, une pétition sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, est le fait le plus marquant.

En 1963, elle commence l’écriture du Vice-Consul, puis en 1964 elle publie Le Ravissement de Lol V. Stein, un nouveau roman, et l’année suivante sa première œuvre théâtrale, Théâtre (tome I, éditions Gallimard). Active dans les évènements de mai 1968, elle poursuit toutefois la diversification de ses activités théâtrales en créant la pièce L’Amante anglaise, mise en scène par Claude Régy.

En 1969, elle passe à la réalisation cinématographique avec Détruire, dit-elle. Puis en 1972, sa maison sert de décors à ’Nathalie Granger’, son nouveau film, puis elle écrit tour à tour India Song et La Femme du Gange, qu’elle tourne au cinéma (Catherine Sellers, Gérard Depardieu, Dionys Mascolo)

En 1973, India Song est transformé en pièce de théâtre et parallèlement en film (sorti en salles en 1975). En 1977, c’est Le Camion qui sort au cinéma, un film marqué par l’apparition de Duras en tant qu’actrice (rôle succinct). Cette période prolifique pour elle se poursuit avec la réalisation en 1979 de quatre courts-métrages : Les Mains négatives, Césarée, Aurélia Steiner-Melbourne et Aurélia Steiner-Vancouver.

A partir du début des années 80, Marguerite Duras poursuit la multiplication de ses activités avec la réalisation de Dialogue de Rome puis suivront ’Savannah Bay’, ’La Maladie de la mort’ et, en 1984, L’Amant, un roman largement autobiographique reprenant la trame de son enfance. En 1985, elle met en scène La Musica deuxième au théâtre Renaud-Barrault, puis elle publie Yann Andréa Steiner (1992, éditions POL), Ecrire (1993, Gallimard) et C’est tout (1995, éditions POL)

Marguerite Duras s’est éteinte le 3 mars 1996 à son domicile parisien de St Germain des Prés.

Dernière modification : 19/03/2012

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