Margot Benacerraf se voit décorée des insignes d’officier dans l’Ordre National du Mérite

Lors d’une émouvante cérémonie à la Résidence de France, ce mardi 10 septembre, l’Ambassadeur de France, Monsieur Romain Nadal, a décoré Margot Benacerraf des insignes d’officier dans l’Ordre National du Mérite. A la suite du discours touchant de l’Ambassadeur Romain Nadal qui a souligné la trajectoire et l’héritage remarquable de Margot Benacerraf au Venezuela et en France, « Madame Cinéma », entourée de ses proches et de ses amis, a exprimé ses sincères remerciements plein d’émotion.

JPEG
JPEG

ALLOCUTION A L’OCCASION DE LA REMISE DES INSIGNES D’OFFICIER DE L’ORDRE NATIONAL DU MERITE A MADAME MARGOT BENACERRAF

JPEG

Chère Margot, vous êtes une habituée de cette maison, de la Résidence de France, votre maison, où on vous accueille toujours avec fierté et grand plaisir.

Margot Benacerraf est une figure clé de la culture au Venezuela, : pionnière du cinéma en tant que créatrice et animatrice. En 1947, à la sortie de l’Université Centrale du Venezuela, elle fait partie de la première promotion en Philosophie et Lettres. Sa relation avec la France démarre en 1949 quand elle se rend pour la première fois à Paris en voyage familial. Par la suite ce voyage l’a amené à commencer ses études de cinéma à l’Institut d’Hautes Etudes Cinématographiques, où elle a été admise après avoir été soumise à une série de tests très exigeants.

En novembre 1951, elle a commencé à tourner son premier film REVERON, une œuvre poétique sur Armando Reverón, l’artiste vénézuélien connu par con caractère exotique. Son film est paru la première fois sur l’écran en 1952 à l’occasion du Festival International de Documentaires d’Art de l’Université Centrale du Venezuela, où elle a obtenu le Premier Prix. Par la suite il a obtenu également une mention spéciale dans le cadre du Festival International de Berlin en 1953 et le Prix Cantaclaro décerné par le Cercle de Journalistes Cinématographiques de Caracas cette même année. Le film a été aussi salué par un critique français dans la Revue Cahiers de Cinéma et il connait un succès immédiat, inaugurant le premier cinéma d’art et d’essai de Paris aux Champs Elysées.

Le succès de REVERON permet à Margot de rencontrer Pablo Picasso dans son atelier à Paris et par la suite de vivre 3 mois dans le sud de la France avec cet artiste, grande figure de la peinture universelle, en devenant sa cinéaste privée. C’est grâce à REVERON que Margot est invitée au Festival de Berlin où elle rencontre l’historienne et critique de cinéma Lotte Eisner, qui la présenta à Henri Langlois, le génie créateur de la Cinémathèque Française, qui deviendra un des plus grands mentors de sa vie et de sa carrière.

En 1958, Margot commence le tournage d’ARAYA, son long-métrage documentaire, raconté par José Ignacio Cabrujas, avec une esthétique d’avant-garde autour du travail dans les Salines d’Araya à l’est du Venezuela, avec lequel elle allait remporter le Prix International de la Critique et de la Commission Supérieure Technique au XVIIème Festival de Cannes en 1959.

Araya est une œuvre d’une grande puissance visuelle qui représente une partie fondamentale du patrimoine culturel vénézuélien et mondial en léguant dans l’histoire un document qui montre les coutumes des habitants de la côte vénézuélienne sous un regard serain, paisible et motivant.

De retour à Caracas en 1965 elle prend en charge la direction du département audiovisuel de l’INCIBA, Institut National de Culture et de Beaux-Arts, en mettant en œuvre divers accords avec le Ministère Français de la Culture et le Centre National de la Cinématographie. C’est grâce à Margot Benacerraf que le cinéma vénézuélien jouit de la promotion et de la diffusion à l’étranger. Elle encourage également la professionnalisation du personnel cinématographique dans le pays. Par ailleurs, à travers l’INCIBA, elle fonde le 5 mai 1966 la Cinémathèque Nationale. Également en 1964 démarre dans le pays le processus en faveur de l’adoption d’une loi de cinéma qui aboutit, dans sa première étape, en mai 1967.

En 1988 elle a été un des membres fondateurs du Comité vénézuélien pour la commémoration du Bicentenaire de la Révolution Française, qui a encadré et organisé diverses activités dans le cadre de cette commémoration.
Elle a participé activement à la création du Festival de Cinéma Latino-américain de Biarritz, devenant la présidente de la première édition en 1991.

En 1989, répondant aux demandes réitérées du Président de la Cinémathèque Française, le cinéaste Costa-Gavras, elle a offert une copie de son film Araya à la Cinémathèque Française pour enrichir ses archives permanentes. Cette donation a été officiellement effectuée le 26 octobre 1989 dans cette même résidence à l’époque de l’ambassadeur Philippe Bernard.

Tout le long de ces années elle n’a pas arrêté de participer, avec un grand enthousiasme, aux différentes activités liées au cinéma français au Venezuela et nous ne pouvons pas empêcher de mentionner ses deux grands apports à l’Université Centrale du Venezuela, à savoir : la vidéothèque 1 à l’École d’Arts en 2012 et la vidéothèque 2 à la Bibliothèque Centrale en 2018 ; des chefs-d’œuvre du patrimoine cinématographique mondial destinés à la formation intégrale de la jeunesse vénézuélienne.

Madame Margot Benacerraf, votre amour et votre dévouement personnel pour le cinéma mondial, pour le cinéma français et le cinéma national, tout au long de votre vie, sont dignes d’admiration. , Votre soutien à la formation de nouvelles générations est demeuré constante et sa valeur gagnera en importance au fil du temps. La France est fière d’avoir contribué à votre développement personnel et professionnel, et vos activités associées, à de nombreuses reprises, à la France, témoignent de vos sentiments d’estime et d’affection pour notre pays, comme l’œuvre de votre vie.

Dernière modification : 02/10/2019

Haut de page