Libye : déclarations du porte-parole du MAEE [es]

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Paris, le 01 avril 2011

Au point de presse de ce jour, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

Libye - Défection de Moussa Koussa
Moussa Koussa, ministre des Affaires étrangères de Kadhafi a rompu avec le régime libyen, en se rendant au Royaume-Uni.
Ce choix d’un ancien haut responsable souligne l’isolement et le délitement croissants du régime.

Tous les responsables du régime Kadhafi devraient prendre conscience de l’impasse dans laquelle ils se trouvent et faire de même tant qu’il est
encore temps.
- Question - Pourriez-vous nous donner une explication de la dernière phrase que vous avez prononcée sur la défection de l’ancien ministre des Affaires étrangères de Libye ?
Pouvez-vous réagir aux déclarations du ministre allemand des Affaires
étrangères à Pékin, dans lesquelles il appelle à un cessez-le-feu rapide ?

Réponse - S’agissant du cessez-le-feu, cela figure dans la résolution 1973. Les
actions se poursuivent pour mettre Kadhafi hors d’état de persécuter son peuple. Nous sommes toujours dans ce cadre.

S’agissant de la défection de Moussa Koussa, nous souhaitons que ceux qui sont encore autour de Kadhafi se rendent compte qu’ils sont dans une impasse et qu’ils puissent prendre le chemin de la sortie tant qu’il est encore temps.

- Q - Je voudrais revenir sur Moussa Koussa. Concernant les contacts que les Français ont eus avec ce monsieur, j’ai lu dans un journal ce matin qu’il y avait eu plusieurs contacts de représentants français avec lui mais qui remontent à plusieurs jours

R - J’ai beaucoup de respect pour ce que nous pouvons lire dans la presse mais sur ces contacts-là, je n’ai pas d’information. Ce que j’ai observé, c’est qu’il est passé de Libye en Tunisie, de Tunisie au Royaume-Uni. Je n’ai pas d’autres informations.

- Q - Alain Juppé disait que la France est prête à discuter avec ses
partenaires d’une possible aide militaire aux insurgés qui sont mal
commandés, peu armés et pas entrainés, alors que Gérard Longuet disait que la résolution 1973 ne prévoit pas cette assistance militaire.

R - Le ministre de la Défense comme Alain Juppé ont rappelé l’esprit et la lettre de la résolution 1973. Je vous renvoie aux propos tenus le 30 mars par le ministre d’État. M. Juppé s’est exprimé sur une réalité sur laquelle nous travaillons, qui est la réalité de terrain en Libye et sur toutes les options qui peuvent éventuellement se présenter et dont il n’est interdit à personne, jusqu’à nouvel ordre, d’aborder.

Ce qui est important aujourd’hui, c’est que les opérations se poursuivent pour la mise en œuvre de la résolution 1973. Deuxièmement, nous travaillons avec nos partenaires, notamment nos partenaires européens, sur les questions d’aide humanitaire à la Libye. Les discussions se poursuivent.
Troisièmement, nous observons l’effritement, le délitement, l’évaporation de l’entourage proche de Kadhafi. Voila où nous en sommes aujourd’hui.

- Q - Si Alain Juppé dit que l’on est prêt à en discuter, cela signifie qu’il
y a une possibilité que cela soit autorisé. Sinon, pourquoi en discuter ?

R - Parce que dans la situation actuelle, il faut pouvoir être en mesure de discuter de tout.

- Q - Comment expliquez-vous cette phrase dans la résolution qui dit « toutes les mesures possibles pour protéger les civils ». Cela inclut forcément la possibilité d’armer la rébellion ?

R- Je crois que ce qui permet vraiment de protéger les civils, en tout cas
d’après ce que nous avons vu au cours des derniers jours, c’est la poursuite des opérations sur les objectifs qui sont définis et qui sont précisément les moyens dont dispose toujours Kadhafi pour exercer de la violence sur son propre peuple.

-  Q - Est-ce que vous êtes au courant d’autres défections libyennes ?

R - Non, je n’ai pas d’autres informations. Ceux qui pourraient être tentés à prendre le chemin de la sortie auraient vraiment intérêt à le faire, et à le faire rapidement. Mais au cours des derniers jours, on a vu que les défections se multipliaient et que ceux qui prenaient le chemin de la sortie commençaient à atteindre un nombre assez élevé. Cela en dit long sur l’isolement de Kadhafi.

- Q - On parle d’une présence militaire française sur le sol libyen, quel est
votre commentaire ?

R - Strict respect de la résolution 1973, pas de présence au sol. Nous
l’avons dit depuis longtemps et nous continuons de le dire et à nous y
tenir.

- Q - Et les forces qui protègent le représentant français à Benghazi ?

R - Pas un soldat français sur le sol libyen.
Nous avons pris les dispositions nécessaires pour notre représentant à
Benghazi.

Dernière modification : 09/04/2011

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