Libye : déclarations du porte-parole du MAEE [es]

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Paris, le 29 mars 2011

Au point de presse de ce jour, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

- Question - Les Turcs vont gérer le port de Benghazi et le Qatar va assurer la distribution du pétrole, mais suivant quelles règles ?

Réponse - Tout se passe à Londres aujourd’hui. Nous rentrons dans un second temps en Libye.

Le premier temps, c’était le temps de l’urgence, qui s’est traduite par l’adoption de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies et les actions militaires. Kadhafi a toujours les moyens de faire du mal à son peuple, d’où la nécessité de discuter, à la Conférence de Londres, du pilotage politique de cette mobilisation internationale et la nécessité pour l’OTAN d’assurer la coordination et la poursuite des opérations.

Au-delà, les nombreuses délégations à Londres qui sont présentes, à un haut niveau, sont réunies également pour parler de l’avenir des Libyens, de les aider à construire leur démocratie, à définir leur régime, en soutenant le Conseil national de transition et en favorisant le dialogue entre toutes les composantes de la société civile libyenne. Il est significatif que toute la communauté internationale y participe, les pays de la coalition, l’ONU, l’Union européenne, la Ligue arabe, l’Union africaine… Notre préoccupation constante est de laisser le soin aux Libyens de décider de leur avenir.

- Q - Il paraît qu’Angela Merkel ne participera pas à cette réunion de Londres et qu’il se prépare une initiative post-Kadhafi avec l’Italie…

R - M. Frattini a dit hier que les Italiens étaient attachés à un travail collectif, position réaffirmée au cours d’un entretien téléphonique qu’il a eu ce même jour avec Alain Juppé. Dans la situation actuelle, les prises de position peuvent différer, mais il y a la volonté de travailler en commun.

Mme Merkel ne sera pas à Londres aujourd’hui puisque c’est une réunion qui se tient au niveau ministériel. Mais elle a participé hier à la conférence téléphonique du Quad avec le président de la république, le président américain, le Premier ministre britannique, ce qui montre la volonté de l’Allemagne de travailler de façon collective.

- Q - Vous dites que ce processus de Londres vise à instaurer un dialogue entre tous les Libyens. Mais ceux qui soutiennent encore le régime ne seront pas représentés… Du côté de Syrte et de Tripoli, il en reste encore.

R - Je n’ai pas dit qu’à Londres aujourd’hui, il s’agissait d’instaurer un dialogue entre les Libyens, mais de réfléchir sur ce que sera la Libye de demain.

- Q - On peut dire que c’est la première conférence du groupe de contact ? Y en aura-t-il d’autres à l’avenir ?

R - Je dirais que c’est la deuxième. La première était le Sommet de l’Elysée du 15 mars qui consistait à marquer la mobilisation de la communauté internationale et l’approche politique de la direction des opérations. Le groupe de contact sera amené à se réunir à nouveau.

- Q - Ces appels que vous lancez au dialogue très élargi en Libye pour la participation même de ceux qui ont soutenu Kadhafi, c’est un appel à la défection ou c’est une manière de dire que le CNT n’est pas totalement légitime ?

R - Non, ce n’est pas un « appel à la défection ». Ce n’est pas non plus une déclaration sur l’absence de légitimité du CNT. Au contraire, nous avons été les premiers à dire que nous reconnaissions le CNT comme un interlocuteur légitime. Hier, le Qatar a également reconnu le CNT. La semaine dernière à Bruxelles le Conseil européen s’était prononcé de la même façon. Il faut que s’organise autour du CNT un dialogue national inclusif.

-  Q - Le président du CNT a lancé hier un véritable appel sur les chaînes de télévision pour l’obtention d’armes individuelles. D’autres responsables du Comité de transition ont à plusieurs reprises demandé une aide alimentaire et une aide en produits médicaux qui a commencé avec l’arrivée du premier bateau à Benghazi. Est-il envisageable de répondre à ces deux demandes rapidement ?

R - Concernant votre deuxième question, nous y travaillons à titre national et avec nos partenaires européens. Cette question devrait également être abordée cet après-midi à Londres. Effectivement il y a de vrais besoins. Je vous rappelle que la France a été dans ce domaine la première à intervenir sur le terrain en envoyant dès le début une mission humanitaire à Benghazi. Nous avions envoyé deux avions avec à bord environ vingt médecins et du matériel médical. Nous ne découvrons donc pas aujourd’hui ce problème humanitaire. C’est un sujet sur lequel le président de la République s’était exprimé lors de sa conférence de presse à Bruxelles la semaine dernière. C’est une préoccupation de l’Union européenne au sujet de laquelle Alain Juppé interviendra très certainement aujourd’hui à Londres.

Sur la question des armes. Nous appliquons la résolution 1973.

Les insurgés ont des armes car de nombreuses prises ont été opérées sur les équipements de l’armée libyenne.

- Q - Est-ce que la France a envoyé un diplomate ou un ambassadeur à Benghazi ? Est-ce qu’il est déjà en place et est-ce qu’on peut connaitre son nom ?

R - Nous avions effectivement fait une annonce dans ce sens il y a quelques jours. Nous avons pris un certain nombre de dispositions. Le ministre pourrait être plus précis ce soir à Londres.

- Q - Est-ce que la France est attachée à l’intégrité territoriale de la Libye. On n’entend plus ce terme dans votre langage…

R - La France est attachée à l’intégrité territoriale de la Libye.

- Q - En l’état actuel des choses, il y a deux parties. La Libye est partagée en deux. Il y a un Etat de fait, de rébellion et de l’autre côté les forces de Kadhafi.

R - Je crois qu’il n’y a qu’un seul pays avec un seul dictateur et un seul peuple qui se bat pour changer son destin. Je vous renvoie à la déclaration conjointe du président de la République, Nicolas Sarkozy, et du Premier ministre du Royaume-Uni faite le 28 mars, dans laquelle ils ont indiqué : « nous soulignons le fait que nous n’envisageons aucune occupation militaire de la Libye et qui enfreindrait les conditions prévues par la résolution. Nous réaffirmons notre engagement le plus ferme en faveur de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale de la Libye ».

Dernière modification : 30/03/2011

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