Libye : déclarations du porte-parole du MAEE [es]

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Paris, le 28 mars 2011

Au point de presse de ce jour, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

- Question - 1) la France a plaidé pendant des semaines pour que l’OTAN apparaisse le moins possible dans le dossier libyen pour « ne pas heurter » la sensibilité des pays arabes. Au final, l’Alliance prend en charge toutes les missions liées à la résolution 1973. Avez-vous dans vos liens diplomatiques des réactions négatives de pays arabes ?

2) Les avions des Emirats Arabes Unis déployés en Sardaigne sont-ils tous rattachés à une unité américaine ? Ou certains de ces avions (Mirage 2000 ?) sont-ils ou vont-ils être liés à une unité française pour des vols en commun, comme c’est le cas avec le Qatar ?

Réponse - S’agissant de votre première question, je vous rappelle la déclaration du ministre devant l’Assemblée nationale, le 23 mars dernier :

« Nous concevons cette opération comme une opération des Nations unies, sous mandat des Nations unies. Elle est mise en œuvre par une coalition de pays européens, nord-américains et arabes. Cette coalition de pays a besoin d’un bras séculier. Ce fut d’abord, dans la première phase de l’intervention, le commandement américain, en étroite liaison avec les Français et les Britanniques. Aujourd’hui, nous sommes convenus que ce bras séculier serait à la fois l’OTAN et l’Union européenne. L’OTAN pour ce qui est de la planification et la conduite opérationnelle des opérations, et l’Union européenne, au terme des décisions prises lundi, pour tout ce qui concerne l’action humanitaire, y compris par la voie maritime.

De façon à bien clarifier les choses, nous venons de prendre l’initiative avec mon collègue britannique d’inviter, mardi prochain, à Londres, un Groupe de contact composé de l’ensemble des pays participant à l’ensemble de l’opération plus l’Union africaine, la Ligue arabe, et tous les pays européens qui voudront s’y associer, de façon à bien marquer que le pilotage politique de l’opération, ce n’est pas l’OTAN, c’est ce Groupe de contact. »

Pour les États qui ne participent pas à l’intervention militaire, il existe donc un Groupe de contact visant précisément à assurer le pilotage politique des opérations, qui tiendra sa première réunion à Londres, le 29 mars, au niveau des ministres des Affaires étrangères.

Cette première réunion du Groupe de contact ministériel sur la Libye, à l’invitation des Britanniques, associera les pays membres de la coalition, et notamment le Qatar et les Émirats Arabes Unis, mais également des amis de la coalition, ainsi que la présence, espère-t-on, du Conseil National de Transition qui a été invité.

Pour sa part l’Union africaine a un rôle important à jouer dans la crise libyenne. La réunion d’Addis-Abeba de vendredi dernier a été l’occasion pour l’Union africaine d’adopter une feuille de route (cessez-le-feu entre factions libyennes, réformes politiques, facilitations des opérations humanitaires, protection des ressortissants étrangers) qui est parfaitement en ligne avec les objectifs de la coalition.

L’enjeu de cette réunion des ministres des Affaires étrangères est d’assurer le pilotage politique des opérations militaires et de préparer l’avenir et la transition, que nous souhaitons rapide.

Il s’agit d’ores et déjà de passer à une phase politique pour permettre, le moment venu, aux Libyens de décider de leur système politique et de choisir eux-mêmes leurs gouvernants.

S’agissant de votre seconde question, je vous renvoie au ministère de la Défense.

- Q - Aujourd’hui M. Sergeï Lavrov, ministre des Affaires étrangères russe, a déclaré que l’ingérence des alliés dans la guerre civile en Libye était contraire à la résolution 1973 du Conseil de sécurité. Quelle est votre réaction ?

R - Comme nous l’avons toujours dit et comme l’a rappelé le président de la République lors de sa conférence de presse à Bruxelles, la coalition des pays volontaires s’en tient strictement à l’application de la résolution 1973.

Je rappelle que les mesures que nous prenons en application de cette résolution font l’objet d’une notification régulière au Secrétariat général des Nations unies. Le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu jeudi dernier des consultations sur la mise en œuvre de la résolution 1973. Le Secrétaire général des Nations unies a participé le 19 mars dernier au Sommet de Paris pour le soutien au peuple libyen et sera à Londres demain mardi pour la réunion du Groupe de contact consacrée à la crise libyenne.

Nous sommes en étroite concertation avec nos partenaires russes, notamment au sujet de la crise libyenne.

Dernière modification : 29/03/2011

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