Libye : déclarations du porte-parole du MAEE [es]

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Paris, le 08 mars 2011

Au point de presse de ce jour, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

- Question - Pouvez-vous confirmer que la France et la Grande-Bretagne ont rédigé une résolution sur une zone d’exclusion aérienne à soumettre au Conseil de sécurité de l’ONU ? Etant donné que M. Juppé s’est entretenu avec son homologue chinois, peut-on supposer qu’ils ont parlé de la position de la Chine sur une résolution éventuelle ?

Réponse - Nous souhaitons tout mettre en œuvre pour contribuer à la sortie de crise en Libye.

La Libye continue de faire un usage inacceptable de la force contre les civils. Je vous rappelle que les plus hautes autorités françaises ont condamné avec la plus grande fermeté cet usage de la force contre le peuple libyen.

Dans ce contexte, nous évaluons avec l’ensemble de nos partenaires toutes les options pour être en mesure de faire face à l’évolution de la situation sur le terrain. C’est la raison pour laquelle nous réfléchissons y compris à la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye.

Vous l’aurez noté, lorsque j’ai énuméré la liste des entretiens téléphoniques que le ministre d’Etat a eus au cours des dernières 24 heures, depuis son retour d’Égypte, nous sommes sur ce sujet en contact permanent avec nos partenaires que cela soit nos partenaires européens, nos partenaires dans le monde arabe, nos partenaires au Conseil de sécurité. Voilà où nous en sommes aujourd’hui, avec une vigilance sur l’évolution de la situation sur le terrain et d’autre part, une préparation du Conseil européen extraordinaire que la France a demandé et qui se tiendra vendredi prochain.

Je vous donne enfin les dernières informations concernant la mobilisation humanitaire de la France au cours des derniers jours.

Nous avons, à travers le pont aérien mis en place au cours des derniers jours, permis à plus de 4.000 Égyptiens qui étaient établis en Libye et qui ont fui devant les violences, persécutions et combats, de revenir en Égypte. Au même moment, hier, le navire Mistral débarquait dans le port de Zarzis en Tunisie entre 50 et 60 tonnes de matériel humanitaire pour permettre à la Tunisie d’accueillir les réfugiés qui réussissent à sortir de Libye.

- Q - Vous dites que vous évaluez toutes les options avec vos partenaires. Quelles sont les autres options, à part cette zone d’exclusion aérienne ?

R - Il y en a d’autres. Nous le disons déjà depuis un certain temps, il ne faut rien négliger. Ce qui est important, c’est de suivre très attentivement ce qui se passe sur le terrain et de rester en contact étroit avec l’ensemble de nos partenaires. Nous sommes dans cette phase actuellement.

- Q - Est-ce que les autorités françaises compétentes peuvent confirmer s’il y a des mercenaires et des militaires étrangers qui appuient l’armée de M. Kadhafi ?

R - Nous avons les mêmes informations que vous. Comme vous le savez, notre ambassade est fermée et l’ambassade russe représente nos intérêts. Nous avons une équipe de médecins qui est à l’hôpital de Benghazi et qui travaille hélas beaucoup. La présence de journalistes sur place peut d’ailleurs être dangereuse puisqu’un journaliste français a été blessé dimanche.

- Q - N’est-ce pas une raison pour que la France et les Nations unies considèrent qu’il y a intervention étrangère dans les Affaires du peuple libyen ? Il y a des massacres…

R - Nous les dénonçons et les responsables de ces crimes devront en répondre. L’un de nos messages aujourd’hui, c’est que les massacres et la violence doivent cesser.

- Q - Une question ponctuelle sur le Mistral : où est-il actuellement ? Est-il de retour à son port d’attache ?

R - Je vous renvoie vers le ministère de la Défense. Au début il avait deux missions. La première était d’amener du fret humanitaire et la deuxième, si c’était nécessaire, d’amener encore des réfugiés égyptiens, de les prendre à bord et de les amener en Egypte. Ils sont arrivés, ils ont attendu 24 à 30 heures et malheureusement tout le monde s’est aperçu qu’il y a des réfugiés égyptiens, mais côté libyen, et qu’il y a des problèmes pour passer. Ils ont attendu, puis ils ont pris la décision de partir. Mais comme il est toujours très difficile de passer la frontière, je pense qu’il va continuer sa navigation.

En ce qui nous nous concerne, en termes de rapatriement par voie aérienne, nous arrivons au bout. Je crois que de tous les pays de la communauté internationale, c’est la France qui a fait le plus en matière de rapatriement.

- Q - Est-ce qu’il y a eu des contacts avec les Américains, que ce soit au niveau du ministre ou à un niveau plus élevé, concernant la création de cette « no-fly zone » ? Vos collègues aux Nations unies disent qu’il faut s’attendre à quelque chose avant la fin de la semaine et qu’il y a un texte qui est maintenant débattu. Je ne sais pas si on parle de la même chose.

R - Pas à ma connaissance.

- Q - Quelle est la position de Washington ?

R - Il faut le leur demander. Nous sommes sur la même ligne qu’eux : Kadhafi n’est plus un interlocuteur, il faut que les violences cessent. Nous avons travaillé avec les Américains depuis le début. Une résolution a déjà été adoptée au Conseil de sécurité. Nous avons également travaillé avec eux à Genève au Conseil des droits de l’Homme. Nous sommes sur la même ligne. Il nous faut prendre la bonne décision, qui permettrait de véritablement mettre un terme à ce qui s’est passé. Il faut voir quelles sont les options. Comme nous sommes obligés d’avoir une base légale pour cela, nous sommes amenés à pousser les contacts, les discussions de manière à avoir un consensus au bout du compte.

Dernière modification : 24/03/2011

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