Libye - Mise en œuvre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU [es]

Libye - Mise en œuvre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies (21 mars 2011)

1. Sommet de Paris pour le soutien au peuple libyen (19 mars 2011)

2. Mise en oeuvre de la résolution 1973 (18 mars 2011)
3. Vote de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies (17 mars 2011)



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- MAEE - Actualités Libye

Voir aussi :
- Crise en Libye : l’action de la France
- Le dossier Libye sur le site de la représentation permanente de la France auprès des Nations unies à New York


1. Sommet de Paris pour le soutien au peuple libyen (19 mars 2011)

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Sommet de Paris pour le soutien au peuple libyen (19 mars 2011) Photo : Elysée

Après l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations Unies de la résolution 1973, le président de la République a réuni le samedi 19 mars 2011 au Palais de l’Elysée, un sommet auquel étaient notamment conviés le Président en exercice et le Secrétaire général de la Ligue arabe, le Président du Conseil européen, la Haute-Représentante pour la Politique étrangère et de sécurité et les Hauts-Représentants de tous les Etats qui souhaitent apporter leur soutien à la mise en œuvre de cette résolution.
- Lire la déclaration adoptée à l’issue du Sommet de Paris pour le soutien au peuple libyen (19 mars 2011)

“Nous sommes déterminés à prendre toutes les actions nécessaires, y compris militaires, conformément à la résolution 1973, pour assurer le plein respect des exigences du Conseil de sécurité.
Nous assurons le peuple libyen de notre détermination à être à ses côtés pour l’aider à réaliser ses aspirations et à bâtir son avenir et ses institutions dans un cadre démocratique.”

Déclaration du président de la République lors du Sommet de Paris de soutien pour le peuple libyen (19 mars 2011)

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui se sont réunis à Paris, sous la présidence conjointe de la France et du Secrétaire Général des Nations Unies, les dirigeants de la Ligue des États Arabes et de l’Union Européenne ainsi que les représentants des États Unis et du Canada. Ensemble, nous avons décidé d’assurer l’application de la résolution du Conseil de Sécurité exigeant un cessez le feu immédiat et l’arrêt des violences contre les populations civiles en Libye.

Les participants sont convenus de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires, en particulier militaires, pour faire respecter les décisions du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

C’est pourquoi, en accord avec nos partenaires, nos forces aériennes s’opposeront à toute agression des avions du Colonel Khadafi contre la population de Benghazi. D’ores et déjà, nos avions empêchent les attaques aériennes sur la ville. D’ores et déjà d’autres avions français sont prêts à intervenir contre des blindés qui menaceraient des civils désarmés.

Dès hier, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et les pays arabes ont adressé au colonel Kadhafi et aux forces qu’il emploie, l’avertissement suivant : en l’absence d’un cessez le feu immédiat et d’un retrait des forces qui ont attaqué les populations civiles au cours des dernières semaines, nos pays auront recours à des moyens militaires. Cet avertissement a été repris par tous les participants au Sommet qui vient de s’achever.

Le colonel Kadhafi a méprisé cet avertissement. Au cours des dernières heures, ses forces ont intensifié leurs offensives meurtrières.

Des peuples arabes ont choisi de se libérer de la servitude dans laquelle ils se sentaient depuis trop longtemps enfermés. Ces révolutions ont fait naître une immense espérance dans le cœur de tous ceux qui partagent les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme. Mais elles ne sont pas sans risque. L’avenir de ces peuples arabes leur appartient. Au milieu des difficultés et des épreuves de toutes sortes qu’ils ont à affronter, ces peuples arabes ont besoin de notre aide et de notre soutien. C’est notre devoir.

En Libye, une population civile pacifique qui ne réclame rien d’autre que le droit de choisir elle-même son destin, se trouve en danger de mort. Nous avons le devoir de répondre à son appel angoissé. L’avenir de la Libye appartient aux Libyens. Nous ne voulons pas décider à leur place. Le combat qu’ils mènent pour leur liberté est le leur. Si nous intervenons aux côtés des pays arabes ce n’est pas au nom d’une finalité que nous chercherions à imposer au peuple libyen mais au nom de la conscience universelle qui ne peut tolérer de tels crimes.

Aujourd’hui, nous intervenons en Libye, sur mandat du Conseil de sécurité de l’ONU, avec nos partenaires, et notamment nos partenaires arabes. Nous le faisons pour protéger la population civile de la folie meurtrière d’un régime qui, en assassinant son propre peuple, a perdu toute légitimité.

Nous intervenons pour permettre au peuple libyen de choisir lui-même son destin.

Il ne saurait être privé de ses droits par la violence et par la terreur.

Il est encore temps pour le colonel Kadhafi d’éviter le pire en se conformant sans délai et sans réserve à toutes les exigences de la communauté internationale. La porte de la diplomatie se rouvrira au moment où les agressions cesseront.

Notre détermination est totale.

Je le dis avec solennité. Chacun se trouve désormais placé devant ses responsabilités. C’est une décision grave que nous avons été amenés à prendre. Au côté de ses partenaires arabes, européens, nord américains, la France est décidée à assumer son rôle, son rôle devant l’Histoire.

Je vous remercie.

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2. Mise en oeuvre de la résolution 1973 (18 mars 2011)

La résolution 1973 adoptée par le Conseil de sécurité impose des obligations très claires qui doivent être respectées.

La France, avec les Etats-Unis, le Royaume-Uni et des pays arabes estiment qu’un cessez le feu doit être mis en œuvre immédiatement, c’est-à-dire que toutes les attaques contre les civils doivent prendre fin.
Kadhafi doit mettre fin à l’avancée de ses troupes sur Benghazi et les retirer d’Adjdabiyah, Misratah et Zawiyah. L’approvisionnement en eau, électricité et gaz doit être rétabli dans toutes les zones. La population libyenne doit pouvoir recevoir l’aide humanitaire.

Ceci n’est pas négociable.

Si Kadhafi ne se conforme pas à la résolution 1973, la communauté internationale lui en fera subir les conséquences et la mise en œuvre de la résolution sera imposée par des moyens militaires.

3. Vote de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies (17 mars 2011)

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Alain Juppé lors du vote de la résolution 1973 (New York, 17 mars 2011) Photo : AFP

La France salue la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies qui autorise sans ambiguïté l’usage de la force pour protéger les populations civiles en Libye. Cette résolution, adoptée le 17 mars 2011 a été élaborée et présentée à l’initiative dela France avec le Royaume-Uni, le Liban et les Etats-Unis.

L’adoption de cette résolution résulte d’un engagement fort de la diplomatie française.

Le président de la République a adressé, la veille du vote, une lettre personnelle aux chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres du Conseil de sécurité afin de les appeler solennellement à prendre pleinement leurs responsabilités et à soutenir cette résolution alors que la population libyenne encourt de graves dangers.

Alain Juppé est le seul ministre à s’être rendu à New York dans le but de convaincre, par une intervention forte au Conseil de sécurité, les pays membres du Conseil et d’obtenir les voix nécessaires à l’adoption de la résolution.

Alors que le Conseil de sécurité avait, avec l’adoption de la résolution 1970 adresséun message de fermeté au Colonel Kadhafi, les violences perpétrées contre les populations civiles n’ont fait que redoubler. L’imminence d’un massacre commandait l’adoption urgente de cette résolution. Ainsi que l’a souligné le ministre d’Etat au Conseil de sécurité, "nous ne pouvions abandonner à leur sort des populations civiles victimes d’une brutale répression".

Cette résolution donne tous les moyens, y compris militaires, sans délai, à la communauté internationale pour protéger les populations civiles libyennes :
- elle permet la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne et autorise les membres de la Ligue arabe et les Etats membres qui le souhaitent à prendre les mesures nécessaires pour sa mise en œuvre ;
- elle autorise ces mêmes Etats à prendre, outre la zone d’exclusion aérienne toutes les mesures nécessaires pour protéger les populations et les territoires, y compris Benghazi, qui sont sous la menace d’une attaque des forces du régime de Kadhafi ;
- elle renforce les sanctions adoptées à l’encontre de ce régime, qu’il s’agisse de la mise en œuvre de l’embargo sur les armes, du gel des avoirs des autorités de Tripoli, de l’interdiction de vol des compagnies aériennes libyennes.

C’est un vrai succès, pour la population libyenne, pour les Nations unies et pour la Ligue arabe.

Avec cette résolution, le message de la communauté internationale est sans ambigüité pour le régime de Kadhafi qui doit en tirer toutes les conséquences.

La France participera, avec ses partenaires, notamment arabes, qui le souhaiteront, aux opérations militaires qui seront nécessaires.

- Lire la résolution 1973
- Lire l’intervention d’Alain Juppé lors de la réunion du Conseil de sécurité (17 mars 2011)

"La France appelle solennellement tous les membres du Conseil de sécurité à soutenir cette initiative et à adopter cette résolution. Si ce mandat est voté, elle est prête à agir, avec les Etats membres, notamment arabes, qui le souhaiteront."

- Le dossier Libye sur le site de la représentation permanente de la France auprès des Nations unies à New York
- Le déplacement d’Alain Juppé à l’ONU (17 mars 2011)

Dernière modification : 22/03/2011

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