Echanges commerciaux entre la France et le Venezuela en 2011 [es]

Le commerce bilatéral entre la France et le Venezuela en 2011

Nos échanges commerciaux, bien que très modestes hors grands contrats, ont continué à progresser en 2011, après une année 2010 de reprise, sous l’effet de nos exportations principalement et dans une moindre mesure de nos importations. Il en résulte un confortable excédent. L’obtention de quelques grands contrats en 2011 devrait consolider nos ventes dès 2012. Un effort de prospection notamment des PME est à encourager sur ce marché, certes difficile mais fortement demandeur et porteur à terme, servi par les premières réserves de brut au monde.

Vous pouvez aussi télécharger ici la publication du Service économique en format pdf.

Des échanges en hausse mais globalement dépendants de grands contrats

Ils enregistrent en 2012, une augmentation de +6,5%, bien que moins prononcée qu’en 2010 (15%) ; ils atteignent 690,5 M EUR, le 2ème plus haut niveau après le record atteint en 2007 (1 Md EUR), juste avant le déclenchement de la crise mondiale.

Cette progression est à la fois tirée par nos ventes (+7,1% à 387 M EUR) et nos achats, essentiellement pétroliers, qui ont cru cependant à un rythme légèrement moins soutenu : +6% à 303 M EUR. Il en résulte un accroissement de l’excédent en notre faveur (+29% à 84,5 M EUR), portant le taux de couverture à 127% sur l’année, inchangé par rapport à 2010.

Notre part du marché reste faible, largement dépendante de l’obtention de grands contrats. Elle occupe le 17ème rang parmi les partenaires du Venezuela (classement 2010), certainement en deçà de son potentiel. On rappellera qu’en matière d’IDE, la France figure à l’inverse parmi les tout premiers investisseurs du pays (1,36 Mds EUR en stock) ; le Venezuela se positionne ainsi comme le 3ème récepteur des IDE français en Amérique latine (hors Bermudes, chiffres 2010).

Nos exportations progressent grâce aux produits pharmaceutiques, toujours au premier rang

En Amérique latine, le Venezuela (3,5% du total) apparaît comme notre 6ème client (7ème en 2010), loin cependant derrière le Brésil (35%), le Mexique (18%) et l’Argentine (11%).

Si les importations globales du Venezuela ont fortement augmenté en 2011 (+18% à 45 Mds USD), nos ventes ne sont pas parvenues à suivre ce rythme (seulement +7,1% à 387 M EUR) mais restent ascendantes après la reprise enregistrée en 2010 (+17%). Elles demeurent largement dominées par les produits pharmaceutiques (+20% à 133 M EUR) qui assurent à eux seuls 42% du total, grâce en partie à leur accès privilégié à la devise à la différence des autres produits acquis à l’extérieur, contraints par un contrôle des changes sévère. A noter la contre-performance de notre 2ème poste d’exportation, les équipements mécaniques/matériel électrique, électronique et informatique (-26% à 84M EUR). Malgré les besoins du secteur électrique, les moteurs, transformateurs et générateurs ont décroché (-71% à 11 M EUR).

Les équipements de transport qui n’avaient cessé de chuter de 2007 à 2010 en raison de l’absence de grands contrats dans un secteur où la présence française est traditionnellement forte (métro de Caracas essentiellement), se redressent (+46% à 19 M EUR). Ils devraient significativement gonfler à partir de 2012 grâce au contrat d’extension du métro de Caracas (Los Teques 2) d’un montant de 531 M EUR, remporté en 2011 par le groupement composé par Alstom, Thalès et Colas Rail.

Dans le secteur automobile, les ventes de pièces détachées ont augmenté de 19% à 2,4 M EUR à l’instar des importations de la filière (+10,8%). Ces chiffres, marginaux, ne reflètent cependant pas la réalité des flux dans la mesure où les importations de véhicules de France sont insignifiantes (229 000 EUR), l’essentiel des marques françaises au Venezuela traitant par leurs filiales localisées sur le continent, en particulier Argentine et Brésil. La valeur des importations des deux constructeurs français dans ce marché difficile (existence de quotas stricts, accès limité aux devises etc..) s’élèverait à plus de 40 MUSD. Renault et PSA ont vendu en 2011 respectivement 1768 (12% du marché) et 1096 unités (7%). Le projet d’assemblage de Renault dans le cadre d’une entreprise mixte est toujours en attente.

Alors que nos exportations agricoles et agroalimentaires sont faibles (42M EUR, +32%), on notera la bonne tenue du malt (35% à 21 M EUR, soit 5,3% du total), en partie due à l’effet-prix.

Les livraisons en provenance de France représentent, selon les statistiques provisoires, 1,1% des achats extérieurs du Venezuela, contre 27,7% pour les Etats-Unis, 11,6% pour la Chine et 8,2% pour le Brésil. La France est ainsi le 14ème fournisseur du pays. Au-delà du cas particulier des Etats-Unis qui restent le premier partenaire, la France comme la plupart des pays occidentaux, notamment européens, apparait en retrait face à la montée des nouveaux alliés stratégiques du Venezuela, partenaires privilégiés du modèle de développement promu par le président Chavez.

Par régions, l’Ile de France est en première place (+117% à 139 M EUR) suivie par Rhône-Alpes (-1,6% à 58 M EUR) et le Centre (+9% à 34 M EUR). Les DFA ne profitent pas de leur proximité géographique : moins de 0,3% du total en raison notamment d’obstacles tarifaires et non tarifaires.

Des importations limitées et essentiellement pétrolières

Les achats de la France au Venezuela ne représentent que 0,45% du total (chiffres 2010) contre plus de 60% pour les deux premiers partenaires, Etats-Unis et Chine.

La progression de nos importations en valeur (+6% à 303 M EUR) est essentiellement portée par la hausse en 2011 des prix de la filière pétrole (+39% à 101 USD pour le baril local) qui représente 77% du total, soit 236 M EUR. Nos achats sont composés essentiellement d’hydrocarbures naturels (+116% à 191 M EUR), la part des produits raffinés ayant quant à elle reculé (-65% à 45 M EUR). A noter la progression de nos achats métallurgiques et métalliques : +21% à 24 M EUR.

Le Nord–Pas–de-Calais concentre à lui seul 40% de nos achats au Venezuela suivi par Provence Alpes–Côte d’Azur et Aquitaine, correspondant à la localisation de nos raffineries.

La part des DFA est, à l’instar de leurs ventes, minime (9% au total de nos achats, soit 18 M EUR) et en baisse (-14%). Elle est répartie entre Guadeloupe (4,1 M EUR), Martinique (5 M EUR) et Guyane (9 M EUR). Cette baisse résulte d’une réorientation des achats de brut de la SARA, cette raffinerie - la seule des Antilles françaises - ne pouvant traiter pour des raisons techniques qu’un seul brut vénézuélien (le Santa Barbara). De manière générale, la part croissante des huiles lourdes dans le panier vénézuélien est susceptible de diminuer la valeur de nos importations en hydrocarbures naturels.

Des perspectives commerciales encourageantes pour 2012 en dépit des difficultés rencontrées par notre appareil exportateur

Le retour de la croissance en 2011 (+4%), après un cycle récessif de 2 ans, devrait se poursuivre en 2012 (+5% prévu), entraînant dans son sillage une hausse des carnets de commande des entreprises privées et surtout publiques avec la perspective des élections présidentielles du 7 octobre prochain.

Les importations, structurellement élevées au Venezuela (habitudes de consommation, niveau élevé de dépense de l’Etat et des ménages), sont gonflées par les revenus de la rente pétrolière et une dépense publique élevée. Plusieurs grands contrats signés en 2011 devraient avoir un effet de levier dès ce premier semestre.

Il est à observer enfin que les importations du Venezuela, 5ème puissance économique d’Amérique latine, représentent à elles seules 25% des achats des 28 pays de la région andine et caribéenne, justifiant une promotion active de l’offre française. Celle-ci est accompagnée par un dispositif d’appui maintenant redéployé, coordonné entre le Service Economique de cette ambassade et la Chambre de commerce franco-vénézuélienne désormais en charge du soutien commercial à nos entreprises dans le cadre d’une délégation de service publique au titre d’UbiFrance.

Dernière modification : 08/05/2012

Haut de page