Discours de l’Ambassadeur de France, M. Romain Nadal, à l’occasion de la commémoration de la Journée Internationale des droits des femmes

Mesdames, Messieurs,

Chères amies, chers amis,

En premier lieu, merci à toutes et à tous d’assister à cet évènement initialement prévu le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. Comme vous le savez, pour des raisons indépendantes de notre volonté, l’ambassade de France a dû reprogrammer cet événement mais réaffirme aujourd’hui son ferme engagement dans la célébration de cette journée.

Je suis ainsi particulièrement heureux d’être ce matin parmi vous.

Cette journée internationale des droits des femmes est d’une grande importance pour mon pays, et c’est pourquoi je tenais à ce que la France, à travers son ambassade à Caracas, soit présente à vos côtés. L’impulsion dans ce domaine vient du plus haut niveau de l’État français : le président Emmanuel Macron a lui-même fait de l’égalité entre les femmes et les hommes la grande cause de son mandat. Cette cause se trouve donc logiquement consacrée comme un axe central de la politique étrangère de la France. Il s’agit d’une composante essentielle de notre effort de promotion des droits humains, d’affirmation de l’égalité et de lutte contre les discriminations fondées sur le sexe ou le genre.

Le Président Macron a décidé de la création d’un fonds de 120 millions d’euros par an pour aider les mouvements pour l’égalité entre les femmes et les hommes, notamment dans les pays du Sud. Dans les prochaines semaines, la France sera à l’initiative d’un partenariat unique : le Partenariat de Biarritz pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous travaillons actuellement à la création d’un cadre législatif composé des « meilleures lois » pour les femmes à travers le monde.

La politique extérieure de la France entend cibler quelques priorités en vue d’affirmer le respect des droits des femmes : l’éducation des filles ; la garantie des droits sexuels et reproductifs pour les femmes et les filles ; l’autonomisation économique des femmes ; le libre accès des femmes à la protection contre toutes les formes de violence ; le renforcement de la participation effective des femmes dans la vie publique et la promotion de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité des Nations unies. Afin d’amplifier le combat contre les violences faites aux femmes, la France propose également d’universaliser la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Il s’agit d’une convention du Conseil de l’Europe qui n’a été ratifiée aujourd’hui que par certains pays européens.

Sans verser dans le pessimisme, je voudrais rappeler quelques réalités reposant sur les données collectées par différentes agences de l’ONU : les femmes gagnent en moyenne dans le monde 20 % de moins que les hommes ; 70 % des personnes vivant avec moins de 1 $ par jour sont des femmes et les femmes possèdent moins de 20 % des terres sur la surface de la planète. En outre, 1/3 des femmes dans le monde a déjà été exposé à des violences sexuelles et physiques dans sa vie. Tout cela ne doit pas nous décourager mais au contraire nous inciter à l’action. Ces phénomènes sont globaux et touchent l’ensemble de nos pays. Mais ils sont réversibles. Aucun État n’est en position de donner des leçons aux autres et tous doivent travailler activement pour faire avancer concrètement les droits des femmes à travers le monde.

C’est dans cet esprit que les ambassades de France à travers le monde appuient différentes initiatives visant à promouvoir le rôle et la place des femmes dans nos sociétés. Je me réjouis donc que l’ambassade de France à Caracas s’associe aujourd’hui à l’Association Civil Trabajo y Persona, à l’Université Catholique Andrés Bello et à l’association ChamaTech. Tous les participants réunis ici partagent la conviction que l’affirmation des droits des femmes passe par le renforcement de leur formation et de leurs compétences dans le domaine de l’éducation, du travail et des technologies. Ce sont ces combats concrets, que vous menez au quotidien, que nous voulons valoriser. Votre expérience dans ces domaines si importants pour l’autonomisation des femmes et leur inclusion sociale donnera lieu à des échanges fructueux dont vous rendrez compte à l’issue de cette matinée à la fois studieuse et stimulante.

Mesdames, Messieurs,

L’ambassade de France, conjointement avec celle d’Allemagne, avait déjà consacré, en novembre dernier, dans le cadre d’une semaine de commémoration du centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale, une séquence spécifique sur le thème « Diplomatie citoyenne et femmes pour la paix ». Cela avait donné lieu à un débat riche et animé entre des femmes engagées, partageant des convictions politiques différentes mais soucieuses de se respecter mutuellement. Dans le contexte du Venezuela d’aujourd’hui, que chacun a à l’esprit, je ne doute pas que des femmes de bonne volonté sauront faire prévaloir les valeurs de dialogue, de concorde et de paix qui restent plus que jamais nécessaires.

Je vous remercie et vous souhaite une excellente journée d’échanges et de débats.

Dernière modification : 11/04/2019

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