Côte d’Ivoire : déclarations du porte-parole du MAEE [es]

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Paris, le 05 avril 2011

Au point de presse de ce jour, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et européennes a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

Si nous en sommes là où nous sommes aujourd’hui, c’est parce qu’il s’est passé un certain nombre d’événements déplorables au cours des derniers mois, des dernières années dans ce pays d’Afrique.

Je crois qu’il est important de rappeler un certain nombre de choses.
D’abord rappeler que Laurent Gbagbo a essayé pendant très longtemps en tergiversant, en ratiocinant, en se dérobant à ses obligations et à ses responsabilités de repousser ad vitam aeternam les élections présidentielles qui se sont finalement tenues après de nombreux appels de la communauté internationale à l’automne dernier.

Ces élections avaient été certifiés par le représentant des Nations unies sur place en Côte d’Ivoire - avaient été ensuite reconnues par les Nations unies, par l’ensemble de la communauté internationale et en particulier et au premier chef par les pays africains, notamment l’Union africaine.

Depuis lors, Laurent Gbagbo a toujours refusé de reconnaitre ces résultats et de respecter la volonté du peuple ivoirien. À partir de là, il a entrainé son pays dans un vertige mortifère et cela dure depuis des mois.

La France avec l’ensemble de ses partenaires, les pays africains regroupés au sein de l’Union africaine et en particulier les pays africains regroupés au sein de la CEDEAO, n’a cessé d’appeler comme tous les autres au respect du résultat de ces élections.

Autant d’appels de la communauté internationale que Laurent Gbagbo a ignorés. Il a ignoré ces appels. Il a triché avec la démocratie, il n’a pas respecté la volonté librement, souverainement exprimée par le peuple ivoirien et par les électeurs ivoiriens lors des élections présidentielles. Cela a entrainé notamment au cours des derniers mois et plus particulièrement des dernières semaines une détérioration croissante de la situation humanitaire dans ce pays et une violation croissante de la sécurité des populations civiles et des droits de l’Homme.

À de nombreuses reprises, au cours des dernières semaines, la communauté internationale, dans son ensemble, s’est élevé contre cette dérive et a appelé Laurent Gbagbo à se rendre à l’évidence qu’il conduisait son pays dans une impasse. Ces appels n’ont pas été entendus.

Devant l’aggravation et la poursuite de l’aggravation de la situation, avec nos partenaires nigérians, nous avons présenté la semaine dernière un texte de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies. Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est prononcé et a voté ce projet de résolution que nous avions présenté. Il l’a voté à l’unanimité. C’est dire si la cohésion de la communauté internationale et l’appel lancé par la communauté internationale à Laurent Gbagbo étaient forts.

M. Gbagbo n’a pas voulu entendre cet appel du Conseil de sécurité. Dés lors, et dans le cadre de cette résolution 1975 du Conseil de sécurité, les Nations unies ont demandé à l’ONUCI, la force des Nations unies qui se trouve sur place en Côte d’Ivoire - je rappelle que c’est une force d’environ 10.000 hommes, ce sont des professionnels, ils sont équipés, ils connaissent le pays puisque l’ONUCI est depuis plusieurs années dans ce pays - d’intervenir pour saisir et neutraliser les armes lourdes utilisées par les derniers partisans de Laurent Gbagbo. Ces armes lourdes représentent une menace mortelle, permanente dirigée sur la population civile ivoirienne.

Je le rappelle, cela se fait dans le cadre stricte de la résolution 1975. Dans ce cadre, le Secrétaire général des Nations unies a demandé à la France, au président de la République française pour être plus précis, l’appui, le soutien, de la mission militaire française Licorne qui est placée sous mandat international des Nations unies et sous commandement national français, de venir en soutien aux opérations de l’ONUCI.

Hier, le président de la République a décidé de donner suite à cette requête de M. Ban Ki-moon. L’intervention de la France est une intervention de soutien à l’ONUCI. L’intervention de la France se situe dans le cadre juridique très stricte de la résolution 1975.

L’intervention de la France répond à une demande formellement exprimée par le Secrétaire général des Nations unies.

L’intervention de la France n’a d’autres objectifs que d’aider l’ONUCI à neutraliser les armements lourds des derniers partisans de Gbagbo qui n’ont pas compris que l’histoire était en train de tourner en ce qui les concernait.

L’intervention de la France se terminera dès lors que l’ONUCI aura rempli cet objectif qui lui est fixé par la résolution 1975.

Il était important de faire ce rappel et cette contextualisation de ce qui est en train de se passer sur le terrain.

Il y a un deuxième sujet que je voudrais maintenant évoquer avec vous, c’est celui de la sécurité de la communauté française et également d’un certain nombre de ressortissants étrangers.

À cette occasion, je voudrais répéter que dans des conditions extrêmement difficiles - vous vous souvenez par exemple que notre ambassadeur et ses voitures d’escorte avaient été mitraillés par des hommes en armes il y a une semaine à peine dans les rues d’Abidjan - notre ambassade est mobilisée sur la question de la sécurité de nos compatriotes.

À cet égard, je voudrais rappeler un certain nombre de choses. La première, c’est que sur les Conseils aux voyageurs du site du Quai d’Orsay, nous avions dit deux choses depuis très longtemps : d’une part, déconseiller formellement tout voyage en Côte d’Ivoire ; d’autre part, demander à nos compatriotes qui y étaient, au vu de la dégradation de la situation sécuritaire, de quitter le pays lorsque cela leur était possible.

Deuxièmement, le plan de sécurité de l’ambassade en Côte d’Ivoire - cela existe dans tous les autres pays où nous avons une représentation diplomatique et des communautés de compatriotes résidents - sous la conduite et la responsabilité de notre ambassadeur, a été immédiatement mis en œuvre à partir du moment où à Abidjan il y avait un risque sécuritaire croissant. Cela s’est traduit dans un premier temps par des messages qui étaient directement adressés à tous nos compatriotes. Je rappelle que sur Abidjan, nous avons à peu près une communauté d’environ 10 à 11.000 personnes, et parmi ces compatriotes un nombre très élevé, entre 7 à 8.000, de doubles nationaux.

Nous avions également, par mesure de précaution et pour éviter des déplacements inutiles d’enfants dans les rues d’Abidjan, fermé le lycée et les établissements scolaires français à Abidjan en anticipant sur les vacances de Pâques.

Au cours des derniers jours, nous avons accueilli sur le camp de Port-Bouët plusieurs centaines de personnes qui ont souhaité se placer sous la protection des éléments de Licorne. Aujourd’hui, nous avons environ 2.000 personnes qui sont sur Port-Bouët dont environ entre 700 et 800 de nos compatriotes français, les autres étant de nationalité étrangère, dont plus de 600 ressortissants libanais.

La dernière décision que nous avons prise sur instruction expresse du président de la République dimanche soir est l’ouverture de deux autres points de regroupement sécurisé pour nos compatriotes désirant se placer sous la protection des soldats français. Le périmètre de l’ambassade est un hôtel au sud d’Abidjan, l’hôtel Wafou. Nos compatriotes ont la possibilité de se trouver dans un périmètre qui est sécurisé, avec des structures d’accueil que nous avons mis en place dans cette perspective.

Enfin, je voudrais juste rappeler qu’hier, à l’hôtel Novotel, dans l’après-midi, un groupe d’hommes lourdement armés a pénétré en faisant usage de la violence et a emmené avec lui quatre ou cinq personnes étrangères. Nous confirmons que parmi ces personnes qui ont été enlevées par ce groupe armé figurent deux ressortissants français.

Nous sommes mobilisés pour savoir où ils se trouvent, par qui ils sont détenus, dans quelle situation ils se trouvent de manière à ce que nous puissions les retrouver rapidement et les remettre rapidement en liberté. Nos deux compatriotes sont actuellement au cœur de notre mobilisation que ce soit à l’ambassade ou chez nos collègues militaires de Licorne.

Voila ces informations que je voulais partager avec vous sur la situation actuelle en Côte d’ivoire. Quelques détails supplémentaires au plan de la communication : je vous rappelle que cette après-midi, à 17h, à l’Assemblée nationale, il y aura une audition ouverte à la presse des ministres Alain Juppé et Gérard Longuet précisément consacrée à la situation en Côte d’Ivoire. Elle suivra la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale.

- Question - En vertu de cet échange de lettres entre le Secrétaire général des Nations unies et le président Sarkozy, combien de soldats français sont venus renforcer l’ONUCI ? Ce contingent sera-t-il amené à augmenter en cas d’accroissement de la violence ?

Réponse - Ce sont des questions qui s’adressent au ministère de la Défense. Je comprends qu’au cours des derniers jours la force Licorne a été renforcée de quelques centaines de soldats et elle atteint un effectif de1.650 aujourd’hui.
Je le redis, un seul objectif, aider l’ONUCI à neutraliser les armes lourdes dont dispose encore le camp Gbagbo.

- Q - Est-ce que vous allez procéder à une évacuation des ressortissants français de Côte d’Ivoire ?

R - Nous n’avons pas noté de demande particulière d’évacuation. L’essentiel de nos compatriotes nous ont indiqué que ce qu’ils recherchent aujourd’hui, c’est d’être dans des lieux sécurisés à Abidjan, sous protection de l’armée française, c’est ce que nous sommes en train de faire. S’agissant d’évacuation, je rappelle qu’à la faveur des rotations d’avions qui ont permis le renforcement d’effectifs de la force Licorne, ces avions repartant ensuite à vide d’Abidjan, nous avons proposé à nos compatriotes, en particulier aux centaines d’entre eux qui se trouvent à Port-Bouët, d’emprunter ces vols. Au total, un nombre assez restreint a choisi cette option, au cours des derniers jours ce sont environ 200 à 250 personnes qui ont utilisé ces capacités disponibles pour se rendre dans d’autres capitales de pays voisins.

Enfin, dernière considération sur cette thématique, je voudrais également rappeler que depuis le week-end dernier l’aéroport d’Abidjan a été sécurisé conjointement par l’ONUCI et par la force Licorne. Cela nous permet de penser que dans les temps qui viennent, espérons que ce sera le plus rapidement possible, des vols commerciaux pourront reprendre la desserte de l’aéroport d’Abidjan.

- Q - À propos de la saisie et la neutralisation des armes lourdes des partisans de Laurent Gbagbo : les partisans, cela signifie toute personne qu’elle soit militaire, gendarme, etc ?

R - Pour nous ce sont toutes les personnes, quel que soit l’uniforme qu’ils portent, qui utilisent des armements contre la population ivoirienne et pour soutenir M. Gbagbo, dont j’ai expliqué tout à l’heure qu’il était à contre-courant de l’histoire de son pays.

- Q - Est-ce que cela signifie que ces armes doivent être en train d’être utilisées ou placées de telle manière qu’on suppose qu’elles vont être utilisées ? Ou tout simplement, là où elles se trouvent on les prend, on somme les gens qui les détiennent de les rendre et s’ils n’obtempèrent pas on passe à la force ?

R - C’est exactement la mission de l’ONUCI à laquelle nous apportons un soutien. Cette mission consiste à faire en sorte que ces armements lourds, dont nous savons qu’ils ont été utilisés et qu’ils ont causé des victimes civiles à Abidjan-même au cours des dernières semaines, ne soient plus opérationnels quel que soit leur positionnement.

- Q - La France a-t-elle été saisie directement ou indirectement d’une demande de reddition ou de négociation pour Gbagbo pour mettre fin au conflit ?
Des hélicoptères de l’ONUCI ou même des hélicoptères français ont tiré sur le palais présidentiel et sur la résidence de Gbagbo. Est-ce qu’il y avait des armes lourdes qui étaient les cibles de ces attaques ?

R - Je ne suis pas expert en matière de défense, mais je peux vous assurer que lorsque certains hélicoptères français ont effectué des tirs, c’était sur des cibles très précises et pour être encore plus précis, sur des armements lourds qui avaient été repérés et cela a été fait en liaison et en appui avec les forces de l’ONUCI.

S’agissant d’éventuelles tractations, j’en ignore à la fois la réalité et la nature. Je voudrais dire à cet égard deux choses. Tout d’abord, la France souhaite la fin rapide des violences. J’ai déjà eu l’occasion de le dire et je le répète encore aujourd’hui, le plus tôt sera le mieux car la Côte d’Ivoire a besoin de retrouver enfin cette paix dont elle est privée depuis des mois. La France souhaite enfin que l’ordre constitutionnel et démocratique prévale à nouveau en Côte d’Ivoire sous la conduite de son président légitime, M. Ouattara. La France laisse le soin au président Ouattara et aux Ivoiriens de trouver les solutions politiques qu’il leur revient de définir ensemble et les décisions qu’il leur reviendra le moment venu de prendre, étant entendu que le plus tôt sera le mieux. Nous attendons du président Ouattara, dans une perspective d’avenir, un avenir que nous souhaitons proche, qu’il puisse enfin exercer la plénitude de son mandat, de ses fonctions, de ses responsabilités et qu’il mette notamment sa fonction, son mandat et ses responsabilités au service d’un travail de réconciliation, d’apaisement, dont la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens ont un si grand besoin.

- Q - Pouvez-vous nous confirmer que le ministre des Affaires étrangères de Gbagbo a trouvé refuge dans la résidence de l’ambassadeur de France à Abidjan ?

R - Non, je n’ai pas confirmation de cette information mais j’ai entendu des bruits dans ce sens. Nous nous informons.

- Q - Est-ce qu’on peut revenir sur les conditions de l’enlèvement des deux Français à l’hôtel Novotel. Il n’était pas sécurisé ?

R - Je crois que ces conditions sont largement connues pour une raison très simple qui est qu’à l’hôtel Novotel il doit y avoir environ une cinquantaine voire peut-être plus, de journalistes de la presse étrangère. Beaucoup d’entre eux ont été les témoins, involontaires, de ce qui s’est passé puisqu’ils sont confinés dans l’hôtel pour des raisons de sécurité.

Ce que nous savons, c’est qu’hier dans l’après-midi, un groupe d’hommes armés a fait irruption dans l’hôtel, a neutralisé la sécurité de l’hôtel, est allé dans tous les couloirs, les halls de cet hôtel et en sont repartis avec quatre ou cinq personnes qu’ils ont emmenées contre leur gré. Parmi ces personnes il y a deux ressortissants français.

- Q - Ces personnes ont été prises au hasard ?

R - C’est ce que nous cherchons à savoir. Il est clair que dans le contexte de confusion, d’insécurité et d’incertitude qui règne actuellement à Abidjan, ce n’est pas une tâche aisée.

- Q - Vous avez parlé de 600 Libanais. Comment cela se passe-t-il lorsqu’il ne s’agit pas de Français. Est-ce qu’il y a des critères ? Est-ce que c’est à la demande des gouvernements dont relèvent ces ressortissants ? Comment ces gens qui ne sont pas Français sont-ils aidés ?

R - Quand une personne demande la protection de la France, de l’armée française, et en particulier dans les circonstances présentes à Abidjan, on ne se décide pas sur des critères de nationalité. Je souhaiterais préciser qu’il y a d’autres nationalités que des Français et des Libanais à Port-Bouët. Enfin, je souhaiterais préciser qu’une fois placés sous la protection des soldats français, il est évident qu’en terme d’accueil, d’hospitalité, chacun reçoit le même traitement. Je voudrais enfin terminer en disant que nous sommes en contact étroit avec les autorités libanaises, s’agissant des ressortissants libanais.

- Q - Vous avez expliqué que l’intervention française se terminera lorsque l’ONUCI aura rempli l’objectif de la résolution 1975. Au vu des frappes qui ont été réalisées hier, avez-vous une idée plus précise des délais ou de ce qui constitue pour vous l’accomplissement de cette résolution 1975 ?

R - Ce qui constitue pour nous l’accomplissement de la résolution 1975, c’est très clair, c’est écrit dans la résolution. Il s’agit de mettre en œuvre tous les moyens pour protéger la population civile ivoirienne et neutraliser les équipements militaires lourds utilisés par le camp Gbagbo et qui ont fait de trop nombreuses victimes jusqu’ici dans la population civile. Dans ce cadre nous sommes en contact étroit avec les Nations unies puisque c’est à leur demande que le président de la République a décidé d’intervenir. C’est dans le cadre de leur mandat que Licorne intervient et c’est avec elle, avec cette force - je rappelle que l’ONUCI est constituée de 10.000 hommes - que nous intervenons. Je ne suis pas spécialiste pour vous répondre sur des pronostics de calendrier, mais on peut penser que c’est un temps assez court.

- Q - Est-ce que les hommes de l’ONUCI étaient à l’aéroport dès le début puis les Français les ont rejoints ? Qui était là le premier ?

R - C’est ce que j’ai compris. Les premiers éléments à se présenter à l’aéroport d’Abidjan étaient des Casques bleus de l’ONUCI cela s’est passé vendredi soir ou samedi matin. Ensuite, les soldats de Licorne sont venus en renfort.

- Q - En général, entre l’ONUCI et Licorne, est-ce qu’il y a comme un commandement conjoint ou est-ce au coup par coup ? Ce ne sont pas des opérations de très grande envergure, donc est-ce qu’on fait une sortie d’hélicoptère de l’un puis une sortie d’hélicoptère de l’autre par exemple ?

R - Je ne peux pas vous dire avec exactitude. Mais le bon sens me permet de répondre que compte-tenu du volume et du périmètre des opérations engagées, je crois que cela doit se passer par contact permanent entre les uns et les autres. Je rappelle également que Licorne et l’ONUCI travaillent ensemble depuis déjà de nombreuses années. Licorne est sous mandat des Nations unies et sous commandement français.

- Q - Selon l’ambassadeur de M. Ouattara en France, M. Gbagbo serait en train de négocier sa reddition ? Pouvez-vous nous en dire davantage ?

R - Oui j’ai noté ces déclarations de l’ambassadeur Coulibaly. Je n’ai pas d’élément qui me permette de confirmer ou d’infirmer ces déclarations.

- Q - Un conseiller de Gbagbo à Paris dit que les forces françaises, un sniper français, ont abattu le porte-parole de l’armée ivoirienne. Est-ce que vous confirmez ?

R - Nous avons entendu à de nombreuses reprises ce représentant, ce soi-disant représentant de M. Gbagbo en France au cours des derniers jours. Je suis particulièrement choqué par les propos diffamants, les contre-vérités, à la limite de l’appel à la haine parfois, qui caractérisent l’expression publique de ce monsieur.

Il est évident que dans un pays comme la France, la liberté d’expression est un principe qui ne peut être remis en cause, mais proférer des mensonges, des accusations telles que celles qu’il profère depuis plusieurs jours est terriblement choquant et totalement inacceptable.

-  Q - Allez-vous engager des poursuites judiciaires ?

R - Je ne peux pas me prononcer encore sur ce point-là. Je donne une appréciation sur ce que nous pensons des calomnies, des contrevérités proférées depuis un certain nombre de jours par cette personne.

- Q - Concernant les massacres de Duékoué dont on a des images de plus en plus atroces, au-delà de la dénonciation d’un massacre, cela s’imbrique-t-il dans Licorne, l’ONUCI ou le Conseil de sécurité ?
A-t-on demandé formellement au gouvernement de M. Ouattara de faire une enquête poussée ?
Quelle est votre réaction plus institutionnelle je dirais ?

R - Je rappellerais d’abord le communiqué de la présidence de la République du 2 avril dans lequel il est dit : « Trop d’exactions, trop de crimes ont déjà été commis en Côte d’Ivoire au cours des quatre derniers mois, ceux qui se sont rendus ou se rendraient coupables de violation des droits de l’Homme doivent savoir qu’ils auront à en rendre compte. »

Vous me parlez des condamnations et au-delà, mais les condamnations ont également du sens et au sujet de ce à quoi vous faites référence, je dirais que nous condamnons toutes les violences contre les civiles où qu’elles se produisent. Nous appelons toutes les parties à respecter et à protéger la sécurité des civiles. Les responsables des violations des droits de l’Homme devront rendre des comptes. Le cycle de violence en cours en Côte d’Ivoire est la conséquence directe, comme je l’expliquais tout à l’heure, du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite aux dernières élections présidentielles. Nous relevons la détermination des autorités légitimes de Côte d’Ivoire à prévenir les violences contre les civils et à mener des enquêtes nationales et internationales sur toutes les violations. Ce sont les engagements qui ont été pris par M. Ouattara, relayés ici en France notamment par l’ambassadeur Coulibaly.

Je rappelle enfin que le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies a chargé, le 25 mars dernier, une commission d’enquête internationale indépendante d’enquêter sur les faits et circonstances entourant les allégations de graves violations des droits de l’Homme perpétrées en Côte d’Ivoire.

-  Q - Parallèlement au cadre militaire, y a-t-il un cadre diplomatique pour régler le conflit ivoirien ?

R - Le cadre diplomatique est au Conseil de sécurité et le cadre diplomatique, c’est aussi la résolution à laquelle je me référais tout à l’heure, celle qui a été adoptée il y a quelques jours.

Au cours des derniers mois et plus encore aujourd’hui, nous n’avons jamais cessé de soutenir les efforts de l’Union africaine, de la CEDEAO Pour essayer de trouver une solution, c’est-à-dire de ramener M. Gbagbo à la raison.

Dernière modification : 06/04/2011

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